L'OCDE se dote d'une nouvelle vision pour la prochaine décennie lors de la 2e réunion ministérielle à Paris sous vice-présidence luxembourgeoise

Le ministre des Affaires étrangères et européennes, Jean Asselborn, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, et le ministre de l'Économie, Franz Fayot, ont participé à la réunion ministérielle de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à Paris. Afin de célébrer le 60e anniversaire de l'Organisation et de porter l'attention sur le travail essentiel qui reste à accomplir, la réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des ministres (RCM), présidée par les États-Unis, avec la république de Corée et le Luxembourg comme vice-présidents, a réuni les membres autour du thème "Bâtir un avenir vert et inclusif autour de valeurs partagées".

 

Sur la base des valeurs communes – démocratie, état de droit, droits de l'Homme, engagement en faveur des principes d'une économie de marché ouverte et transparente et de normes élevées en matière d'économie numérique – les membres ont adopté une nouvelle déclaration de vision pour guider l'Organisation au cours de la prochaine décennie.

En amont de l'ouverture officielle de la RCM, les ministres Asselborn, Gramegna et Fayot ont participé à la réunion du bureau assumant la présidence de la RCM. Ensemble avec le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, et le ministre coréen des Affaires étrangères, Eui-Yong Chung, les ministres ont fait le point sur les priorités de la présidence et la collaboration lors de cette RCM dans l'objectif de "bâtir un avenir vert et inclusif".

Dans ses remarques introductives à la session d'ouverture célébrant le 60e anniversaire, Pierre Gramegna a salué l'élargissement de l'OCDE qui continue d'attirer des pays qui partagent ses valeurs fondamentales et se montrent prêts à adhérer à ses normes et standards. Le ministre des Finances a souligné l'importance du multilatéralisme et la nécessité d'œuvrer ensemble afin de faire face au triple défi de la transition verte, de la transition digitale et de l'inclusion sociale.

Pierre Gramegna a également présidé une session dédiée à "La finance verte au service de la neutralité carbone". Cette session a permis de définir davantage le rôle que l'OCDE pourra jouer afin de soutenir une approche coordonnée au niveau international facilitant notamment la convergence et l'interopérabilité des normes en matière de finance durable.

Enfin, lors d'un petit-déjeuner dédié à la fiscalité internationale, le ministre des Finances a réitéré le soutien du Luxembourg pour l'accord-cadre sur une réforme de la fiscalité internationale pour faire face aux défis fiscaux liées à la numérisation de l'économie.

En marge de la RCM, Pierre Gramegna s'est échangé avec José W. Fernandez, sous-secrétaire pour la Croissance économique, l'énergie et l'environnement des États-Unis, sur les priorités d'une relance économique durable et sur la réforme fiscale internationale. Les ministres Gramegna et Fayot ont également rencontré Mathias Cormann, secrétaire général de l'OCDE, pour discuter des priorités de l'OCDE.

Enfin, le ministre des Affaires étrangères et européennes, Jean Asselborn, et le ministre des Finances, Pierre Gramegna, ont eu une entrevue bilatérale avec John Kerry, l'envoyé spécial du président des États-Unis pour le climat. L'échange a permis de faire le point sur les efforts du Luxembourg et des États-Unis dans la lutte contre le changement climatique, notamment en ce qui concerne son financement et le rôle du secteur privé en vue de mobiliser les investissements nécessaires.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a participé à la première session plénière sur les "valeurs partagées". Dans son intervention, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a mis en garde contre la montée du populisme, les défis liés à la désinformation, la corruption ou encore les atteintes à l'indépendance de la justice et à l'état de droit, qui constituent autant de menaces à nos valeurs communes. "La protection de l'état de droit et des principes de bonne gouvernance ne sont pas uniquement des objectifs nobles, mais font partie intégrante de toute stratégie crédible de sortie de la crise actuelle", a-t-il poursuivi.

La RCM a aussi été l'occasion pour le chef de la diplomatie luxembourgeoise d'avoir un échange de vues avec son homologue des États-Unis, le secrétaire d'État Antony Blinken. L'entrevue a permis au ministre Asselborn de faire le point sur les relations bilatérales entre le Luxembourg et les États-Unis, ainsi que sur les derniers développements internationaux. L'importance du multilatéralisme et de la coopération transatlantique a également été abordée.

Une entrevue bilatérale avec le ministre des Affaires étrangères de la république de Corée, Eui-Yong Chung, a également figuré à l'ordre du jour pour le ministre Asselborn lors de ce déplacement à Paris. Cette discussion a notamment permis de faire le point sur les relations bilatérales entre les deux pays, à la veille du 60e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques qui sera célébré l'année prochaine. Les moyens de renforcer les liens économiques ont également été évoqués dans ce contexte.

Lors de la deuxième journée de la RCM, le ministre Asselborn a participé à un déjeuner de travail présidé par la représentante des États-Unis au Commerce extérieur, Katherine Tai, sur le sujet du "commerce pour tous", ce qui a été l'occasion pour les différents ministres d'échanger sur leurs expériences et bonnes pratiques en matière de libre-échange et droit du travail, le soutien public au secteur industriel, mais aussi autour des questions de la conduite responsable des entreprises dans le contexte des chaînes d'approvisionnement globales.

Dans son intervention, le ministre a lancé un appel en faveur de "la transformation du système commercial international pour en faire un instrument au service de la lutte contre le changement climatique et de nous engager avec conviction sur les questions de droits de l'Homme et des droits sociaux. La question de la mise en place de législations contraignantes en matière de devoir de vigilance des entreprises est désormais posée et il faut trouver une réponse qui soit à la hauteur des attentes", a souligné le chef de la diplomatie luxembourgeoise, avant d'ajouter: "Nous devons aussi utiliser les accords commerciaux préférentiels pour promouvoir l'adhésion aux instruments climatiques et sociaux internationaux et leur mise en œuvre effective. À cet égard, j'en appelle à une approche favorisant la mise en place de chaînes de valeur au service d'un travail décent, excluant notamment le recours au travail forcé et au travail des enfants. Notre compétitivité n'en sera pas affectée."

Au cours de la deuxième journée, lors de la séance consacrée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, Franz Fayot a lancé un appel auprès de l'OCDE afin d'analyser les coûts d'adaptation au changement climatique à l'horizon 2050. Il a ensuite indiqué que face à l'urgence climatique, une part importante de la solution réside dans le développement de nouvelles technologies vertes et dans la recherche et l'innovation publique. "Il est également important d'encourager les investissements du secteur privé tout en modifiant nos modes de production et de consommation, afin de les rendre plus durables et circulaires", a-t-il ajouté.

Lors de la séance plénière consacrée à la construction d'un futur inclusif, le ministre de l'Économie a ensuite insisté sur l'importance de l'inclusion numérique pour tous, c'est-à-dire donner à chaque individu des chances équivalentes de participer à la société numérique. Franz Fayot a déclaré: "Alors que les économies et sociétés ne cessent de se digitaliser et que le risque de disparités ne cesse de croître, j'estime qu'il est du ressort des gouvernements de mettre en place toutes les mesures possibles afin de contrecarrer ce phénomène."

Pierre Gramegna commente: "En tant qu'institution multilatérale, l'OCDE a un rôle crucial à jouer pour aider les gouvernements et les entreprises à ouvrir la voie à un avenir plus vert et plus inclusif. Cette transition nécessitera une réorientation significative vers la finance durable. L'OCDE est un forum idéal pour identifier et développer des politiques cohérentes en matière de finance durable à travers les différents marchés. En tant que ministre des Finances, je me félicite également des progrès réalisés dans le cadre de la réforme du système fiscal international qui assurera un level playing field. Le Luxembourg soutient pleinement le modèle à deux piliers proposé par l'OCDE qui vise à mettre en œuvre une fiscalité mondiale plus équitable et je suis confiant qu'un accord pourra être trouvé sous peu."

Communiqué par le ministère des Finances / ministère des Affaires étrangères et européennes / ministère de l'Économie

  1. © SIP / Luc Deflorenne

    (de g. à dr.) Pierre Gramegna, ministre des Finances ; Antony Blinken, secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique et président de la réunion du conseil au niveau des ministres ; Mathias Cormann, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ; Chung Eui-yong, Vice-Premier ministre de la république de Corée
  2. © SIP / Luc Deflorenne

    Antony Blinken, secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique et président de la réunion du conseil au niveau des ministres 

Dernière mise à jour