Journée mondiale de la liberté de la presse 2021

Le 3 mai 1991, la Conférence de Windhoek en Namibie, initiée et organisée par l’UNESCO, a adopté une déclaration en faveur du développement d’une presse libre, indépendante et pluraliste. Deux ans plus tard, l’Assemblée générale des Nations-Unies a proclamé le 3 mai Journée mondiale de la liberté de la presse qui est chaque année placée sous un thème différent.

À l’occasion du 30e anniversaire de la Déclaration de Windhoek, le lien historique établi entre la liberté de rechercher, de communiquer et de recevoir des informations et le bien public reste aussi pertinent qu’il l’était au moment de sa signature. Le thème de « Windhoek 2021 : Promouvoir l’information en tant que bien public » est un appel à renouveler l’engagement mondial en faveur de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et de la liberté d’information, tout en reconnaissant les nouveaux défis économiques auxquels est confronté le secteur des médias, le rôle de gardien des sociétés Internet et leur besoin d’une plus grande transparence, ainsi que la nécessité de renforcer les capacités en matière de maîtrise des médias et de l’information dans le monde entier. La promotion de l’information en tant que bien public est nécessaire pour « mieux reconstruire » dans le monde post-COVID. C’est une valeur qui soutient fortement l’aspiration des Nations Unies au développement durable de faire progresser « l’accès du public à l’information et aux libertés fondamentales » (ODD 16.10). Elle constitue également le nouveau contexte normatif pour mettre en avant le journalisme libre, pluraliste et indépendant comme un tremplin pour le progrès.

La Journée mondiale de la liberté de la presse 2021 met en évidence trois objectifs pour un écosystème des médias indispensable à la liberté d’opinion :

  • mettre tout en œuvre pour assurer la viabilité économique des médias d’information ;
  • créer et garantir des mécanismes efficaces pour assurer - dans le respect des droits humains - la transparence de la presse papier, de l’internet et des médias sociaux ;
  • renforcer et généraliser l’éducation aux médias et à l’information afin de permettre au public de reconnaître et de valoriser (ainsi que de le défendre et de l’exiger) un journalisme de qualité et pour lutter contre les « fake news ».  

Avec ces objectifs, la Journée mondiale de la liberté de la presse 2021 poursuit un triple but :

  • rendre le public attentif aux dangers et menaces qui pèsent sur les médias, tant par les difficultés d’accès aux informations que rencontrent journalistes et reporters que par les dangers encourus dans l’exercice de leur profession ;
  • convaincre le public de l’importance des médias libres et de qualité qui sont un bien public et un droit humain ;
  • honorer la mémoire des journalistes, reporters, camera(wo)men, photographes, bloggeurs et bloggeuses qui ont perdu leur vie ou leur liberté dans l’exercice de leur profession. Ainsi, tous les ans, le 3 mai, l’UNESCO décerne le « Prix mondial de la liberté de la Presse Guillermo Cano ». Ce prix porte le nom d’un journaliste et éditeur colombien assassiné en 1968 par les milieux des narcotrafiquants dont il a dévoilé les activités criminelles. En 2021, le prix est attribué à la journaliste d'investigation philippine Maria Ressa.

L’édition 2021 de la Journée mondiale se manifeste par la tenue d’une conférence internationale hybride organisée par l'UNESCO et le gouvernement de Namibie qui se déroule du 29 avril au 3 mai à Windhoek. Les délégués se penchent sur des questions comme les perspectives légales de l’information comme bien public, les mesures d’urgence pour soutenir les médias impactés par la crise sanitaire, l’éducation aux médias ou encore l’élaboration d’un « Media New Deal ». Par ailleurs, ils réfléchissent sur les moyens de combattre le discours de haine tout en protégeant la liberté d’expression.

En tant que membre du Groupe des amis de la sécurité des journalistes à Paris, le Luxembourg  accorde une importance particulière à la question de la sécurité des journalistes et a co-organisé le 1er mars dernier avec l’UNESCO, l'Autriche, le Canada et les Pays Bas une conférence virtuelle sur le sujet qui a montré l’importance d’impliquer le pouvoir judiciaire et les forces de l’ordre et de soutenir la coopération internationale dans la lutte contre l’impunité des crimes commis à l’égard des journalistes, les « messagers de la connaissance »  et, en particulier, des femmes journalistes. Il en va non seulement de la justice applicable à tous et de l’État de droit, mais aussi de la crédibilité de l'information, des libertés d'expression et de la presse.

Par ailleurs, le Luxembourg soutient depuis plusieurs années déjà le Programme international pour le développement de la communication (IPDC) de l'UNESCO au travers de contributions financières pour le renforcement des capacités journalistiques et les mécanismes de protection des journalistes et surtout des femmes journalistes face au harcèlement. 

Enfin, rappelons également que la Commission luxembourgeoise pour la coopération avec l’UNESCO a placé son cycle de conférence « les Rendez-Vous de l’UNESCO » en 2021 sous le signe de « Mankind and Media » analysant divers aspects de la relation média-humain en transformation constante. Le programme du cycle complet est disponible ici

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