Recherche avancée

Paris > Actualités > Allocution du Ministre des Affaires étrangères et europée... >

Allocution du Ministre des Affaires étrangères et européennes Jean Asselborn à l’occasion de la fête nationale

Publié le dimanche 24 juin 2018

Allocution du ministre Asselborn à l'occasion de la fête nationale:

"Quiconque affirme que nous ne nous trouvons pas en ce moment dans le meilleur des mondes possibles, ne saurait être contredit. Dans ce contexte, permettez-moi de partager avec vous quelques réflexions sur une notion qui, en tant que Ministre des Affaires étrangères, me tient particulièrement à cœur: le multilatéralisme.

La culture et la méthode du multilatéralisme - c’est-à-dire le fait pour des pays de se mettre ensemble pour trouver des solutions dans le respect du droit international et dans un esprit de respect réciproque – sont aujourd’hui remises en cause, peut-être d’ailleurs pour la première fois de façon aussi prononcée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Toutefois, je ne voudrais pas ici me perdre en lamentations et critiques, mais au contraire, je voudrais citer quelques développements encourageants.

Nous savons qu’un pays puissant d’outre-Atlantique a décidé de s’éloigner de l’Accord de Paris sur le changement climatique. Néanmoins, au sein de la communauté internationale, cet accord reste la référence pour une grande majorité d’Etats et même certains Etats fédérés américains continuent à suivre la ligne de l’Accord de Paris, en signalant au monde de ne pas fléchir.

L’Union européenne a négocié pendant une douzaine d’années un accord sur le nucléaire avec l’Iran visant à stopper la spirale de la prolifération nucléaire. Si les Etats-Unis remettent aujourd’hui en cause l’utilité de cet accord – qui d’ailleurs a été endossé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies – nous constatons qu’en Europe, et bien au-delà, beaucoup d’efforts sont faits pour ne pas perdre cet acquis de grande importance.

En matière de commerce international, nous constatons au cours des derniers mois une poussée du protectionnisme. Dans ce domaine, la communauté internationale se prononce clairement pour des règles d’ouverture du commerce et entend éviter une guerre commerciale qui en fin de compte s’avèrerait d’autant plus désastreuse pour les pays les moins riches.

En Europe, il est vrai que le respect de l’Etat de droit dans certains Etats membres ou les notions de solidarité et de responsabilité en matière de politique migratoire et d’asile laissent à désirer et que, dans l’intérêt de l’esprit fondateur européen, nous devons très rapidement redresser la barre.

Mais nous notons aussi avec satisfaction que l’Accord entre Skopje et Athènes pourrait désamorcer certains blocages et rendre possible des mouvements positifs dans l’ensemble des pays des Balkans concernant leur relation avec l’Union européenne.

De même, la Grèce est en train de sortir du purgatoire en matière de crise financière dans lequel elle se trouvait depuis presque dix ans.

En outre, nous saluons le fait que les Européens ne soient pas des fétichistes du deux pourcent des dépenses de défense dans le cadre de l’OTAN, mais comprennent que les investissements en matière de politique de coopération au développement valent bien un engagement plus poussé important aussi dans l’intérêt des pays en développement, ceci pour stabiliser et améliorer le sort de millions de gens dans les pays les moins avancés.

Je m’arrête ici, tout en constatant que, oui, il y a du souci à se faire dans beaucoup de domaines, mais qu’il n’y a aucune raison de succomber à un sentiment de fatalité. Les jeunes générations ne nous le pardonneraient point.

Œuvrons donc ensemble en tant que communauté internationale pour la défense du droit international, c’est-à-dire pour que la force de la loi l’emporte sur la loi de la force.

En ce sens, vive le Grand-Duc et vive l’amitié entre le Luxembourg et tous les pays représentés ici en ce 23 juin à l’occasion de notre fête nationale!"

Retour